Crossage à l'tonne

Patrimoine immatériel
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Le crossage, toute une histoire …

  

Origines du crossage

 

Aux environs du XIIIe siècle, au Moyen-âge, notre sport annuel local, le "crossage", s’observait déjà sur les places publiques ou dans les rues, à l'intérieur ou à l'extérieur de l'enceinte des Cités du Sud de la Belgique et du Nord de la France. Les jeux de balle tels que le jeu de paume, la soule (sorte de football sans réglementation) et la chôle qui se jouait à l'aide d'une crosse et d’une balle en bois sont à l'origine du crossage. Cette dernière se pratiquait en deux équipes le but étant de frapper une cible (trou, arbre, porte, tonneau, ..) par la force de la balle en fonction du coup donné. 

 

En 1332, on sait notamment par l'intermédiaire des archives des comptes de la Cour de Hainaut que, Guillaume Ier, donne 8 deniers pour l'achat d'estues" (balles) pour la paume et 6 sols 10 deniers pour "estues" à chôler (balle pour le jeu de soule). 

 

Chez nous, le but du jeu consiste à évaluer le nombre de coups nécessaires pour atteindre une tonne (=le tonneau) placée en face d’un café ou d’une taverne, similairement au jeu de quille. Au final, l’équipe perdante paye la tournée aux heureux gagnants. Ambiance et convivialité assurées !

  

Au cours du temps, la chôle s'est vu réglementée par une série de règles pour éviter les abus du jeu. En Europe, nous retrouvons quatre formes de sport similaires durant l'époque médiévale: 

 

- Le Jeu de Colf: en Flandres, dans le Brabant et en Hollande 

- Le Jeu de Golf: en Ecosse 

- Le Jeu de Mail: dans le Sud de la France et dans les Capitales Européennes 

- Le Jeu de Crosse: dans le Hainaut et la Flandre Française.

  

Certains historiens pensent que l'origine des jeux de balle et bâton sont arrivés en Europe par l'intermédiaire de l'Orient via les routes de la soie (Chine et Japon) ou par les croisades (Amérique). Les pays orientaux se voyaient également pratiquer ce type de jeu à cheval, découlant ainsi vers le "polo" retrouvé actuellement dans les pays anglo-saxons. 

 

Aujourd'hui, l’ampleur du crossage a l’tonne s’est restreinte. Durant l’histoire les municipalités ont établis des restrictions concernant ce jeu. Seuls quelques villages, majoritairement belges ont su garder cette tradition dont Chièvres. Au XVIIIe siècle, on sait que les crosseurs étaient expulsés de la Ville de Lille. Dans notre Ville chiévroise, la tradition se perpétue grâce à la collaboration entre les Autorités Communales et l’ensemble des habitants. Basècles, Blaton et Harchies font également partie de cette belle tradition !

  

Juste pour le plaisir

 

Au XIXe siècle, ce sport est également mis à l’honneur dans le célèbre ouvrage « Germinal » de l’écrivain français Emile Zola, écrit en 1885. Dans le livre 4, chapitre VI, il décrit un match de jeu de crosse entre 4 mineurs à proximité de Douai. 

 

Extrait : « .. Mouquet, solide lui aussi, déchola d'un bras si rude, que son coup unique ramena la bille de cent cinquante mètres en arrière. Et la partie continua, un camp cholant, l'autre camp décholant, toujours au pas de course, les pieds meurtris par les arêtes gelées des terres de labour. » 

 

« … A présent, Zacharie, Mouquet et les deux autres avalaient les kilomètres, sans autre repos que le temps de vider des chopes, dans tous les cabarets qu'ils se donnaient pour but. Des Herbes-Rousses, ils avaient filé à Buchy, puis à la Croix-de-Pierre, puis à Chamblay. La terre sonnait sous la débandade de leurs pieds, galopant sans relâche à la suite de la cholette, qui rebondissait sur la glace : c'était un bon temps, on n'enfonçait pas, on ne courait que le risque de se casser les jambes. Dans l'air sec, les grands coups de crosse pétaient, pareils à des coups de feu. Les mains musculeuses serraient le manche ficelé, le corps entier se lançait, comme pour assommer un boeuf ; et cela pendant des heures, d'un bout à l'autre de la plaine, par-dessus les fossés, les haies, les talus des routes, les murs bas des enclos. Il fallait avoir de bons soufflets dans la poitrine et des charnières en fer dans les genoux. Les haveurs s'y dérouillaient de la mine avec passion. Il y avait des enragés de vingt-cinq ans qui faisaient dix lieues. A quarante, on ne cholait plus, on était trop lourd. » 

 

Tradition culinaire, le jour du Mercredi des Cendres

 

Selon la tradition, après une belle journée sportive, l'ensemble des équipes se retrouvent dans un local, une taverne, un restaurant … pour déguster le traditionnel repas du crossage. Au menu, le hareng vinaigré est accompagné de pommes de terres persillées et d'une salade mixte souvent agrémentée de haricots blancs. 

 

Le folklore et les traditions, font que le Mardi gras est une période festive qui sonne la fin de la « semaine des sept jours gras » (jours charnels)[]. Les «Sept jours gras» se terminent par le «mardi gras» et sont l'occasion d'un défoulement collectif. L'esprit de jeûne et d'abstinence qui s'annonce est momentanément mis entre parenthèse: c'est le carnaval! 

 

Le Mardi Gras, jour de fête, est suivi du Mercredi des Cendres, jour du Crossage. Le Mercredi des Cendres marque également le début de la période de jeûne, du Carême, dans la tradition chrétienne. Cette période de jeûne se prolonge sur quarante jours, institués pas l'église en référence aux quarante jours de jeûne effectués par le Christ dans le désert. Le jour du Mercredi des Cendres, généralement, le chrétien mange maigre, en s'abstenant notamment de consommer de la viande ou des mets plus raffinés. 

 

Le mot "carnaval" provient du latin "carne levare" ce qui signifie "enlever, retirer la chair", c'est-à-dire de manière concrète, réduire sur la table durant toute la période du carême) la quantité et la qualité de "la viande" ou du gras.

 

Textes de Emilie Nisolle 

 

Bibliographie : 

http://www.officedutourismechievres.be/otchievres/CrossageHistorique.asp  

http://crossage-blaton.skyrock.com/  

http://www.golfika.com/hisgen_f.html 

     

Commentaires : 1
  • #1

    patricia (mercredi, 14 mai 2014 09:40)

    Belle initiative, notre entité regorge de si belle merveille, continue. ?...

Auteur du site: Emilie Nisolle

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